Tactiques gagnantes (1ère partie).

| 6 avril 2011

Les élections de l’an 2010 [choix art.73 et élections Psdt Région] ont introduit une cassure dans la tactique utilisée
habituellement à gauche. C’est l’évidence qui s’impose puisque Serge Letchimy n’a pas suivi les usages de ses prédécesseurs PPM ou autres.

Jusqu’alors on se servait, à de rares ex- ceptions, d’arguments essentiellement politiques : autour de l’Autonomie, de l’Autogestion, des méfaits du Stalinisme, du maintien de liens étroits avec la France…
Serge Letchimy avait bien dû constater que les maîtres à jouer de la période précé- dente, et même Camille Darsières, le stratège des stratèges du PPM, s’étant étripés selon des modalités conventionnelles, et avec une vieille garde inefficace, avaient dû tous quitter la scène, pour la céder, in fine, aux deux adversaires stratégiques du PPM qui furent les deux interlocuteurs de droit du Psdt  Sarkozy au moment décisif : Claude Lise et Alfred Marie-Jeanne.
Ce dernier, parti d’une municipalité «périphérique», avait engrangé, étapes après étapes, les succès et acculé Darsières à une figuration de second ordre.
Et Claude Lise, aussi, réussissait le coup de maître, qui restera dans l’histoire, de mettre en branle effectivement, à partir du Rapport Lise-Tamaya, le processus qui aboutira à l’Assemblée unique, malgré les coups de piques de Rodolphe Désiré et ceux de Camille Darsières.
Vu du nouveau patron du PPM, pour arrêter cette spirale de défaites, il fallait changer de tactique. Il en changea donc.
Alors, rompant avec les sempiternels arguments de la période 1950-2010, s’entourant de jeunes renards aux dents longues, il prit à revers ses adversaires, les laissant souvent sans réactivité polémique.
Il a carrément changé les axes d’attaques précédemment utilisés jusqu’alors. était-ce « moral » ou pas? Là n’était pas la question. Car la réponse était «Je VEUX gagner» et «Je DOIS gagner »….

Il a tiré habilement profit de tout ce qui survint dans les périodes électorales, sans que ses adversaires-ennemis aient pu fournir de défenses crédibles aux yeux des électeurs. (Rappelons-en brièvement quelques attaques: histoire d’école en Dominique – affaire du Lycée Schœlcher assaisonnée à la sauce letchymienne – accusation de « racisme » imputé à ceux réclamant le 74 et pas le 73 – annonce non étayée de création de «5 000»  emplois,  etc.)
Le résultat a été celui que l’on connaît de janvier et mars 2010 : une double défaite de Lise et Marie-Jeanne, et, leur effondrement complet aurait même pu s’accomplir, n’eut été la résistance, plus efficace que prévue, du Psdt du MIM qui, lors de la campagne des Régionales 2010, réussit à limiter les dégâts et à remonter le moral des troupes. Mais le coup passa si près…
A vrai dire, aussi, le précurseur dans le contexte d’une efficacité redoutable aura été… Pierre Samot. Son habilité a été très probablement sous estimée par ceux qui l’avaient entouré au départ, s’attendant à recommencer avec lui le geste des partis traditionnels et qui se sont éloignés parce qu’ils avaient été peut-être désarçonnés par les ruses utilisées par le patron.
Lequel patron dispose maintenant d’un bilan impressionnant. S’imposer devant les caciques du Parti communiste, « prendre » la ville du Lamentin, gagner deux fois une députation pour son « petit » parti, imposer deux des siens au sommet du Conseil général, lorgner maintenant un poste aux Sénatoriales ou une députation pour 2 012…, n’est pas donné au premier venu.
Letchimy et Samot, deux redoutables!
Dans un premier temps surpris, Lise et Marie-Jeanne, ont raccourci la distance qui les sépare de leurs adversaires.
La défaite est encore là comme lors du Référendum ou des Régionales 2010, mais le handicap se restreint, et c’est in extremis le 45e conseiller qui a fait basculer la décision et offert une troisième fois en 15 mois une autre victoire au camp adverse.
La 4e bataille, celle des élections de l’Assemblée unique, stratégique, a déjà commencé, même si l’intermède des sénatoriales et des prochaines législatives apportera encore d’autres indications…

Henri PIED

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