Josette MANIN : Une femme libre et déterminée…

| 14 avril 2011

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Le fait qu’une femme ait  été élue pour la première fois à la présidence du Conseil Général   : « …en fait est une somme de petites trahisons et de grands renoncements » peut-on lire dans la dernière  lettre du Palima.

 

Ce mouvement indépendantiste, rallié à l’autonomie de l’article 74, stigmatise la situation   politique de la Martinique, en ce lendemain de victoire des forces ralliées au PPM aux élections cantonales, posant la question suivante : « Où veut nous emmener cette armée folle, sans principes, sans idéologie claire, qui a pris le contrôle du Conseil Général après celui de la Région ? »

Et de procéder à l’inventaire des « petites trahisons » et « grands renoncements » qui ont mené à cette suprématie politique :

 

« Qu’est-ce qui explique le ralliement du mouvement « Vivre à Schœlcher » au néo-ppm ? Ce mouvement qui a construit pas à pas sa victoire à Schœlcher était partie intégrante de la majorité présidée par Claude LISE. Il a mené campagne pour l’autonomie dans le cadre de l’article 74 et, au lendemain de cette campagne, comme pour expier une faute grave, ses responsables ont couru se vautrer dans les draps du néo-ppm. »

 

« Comment comprendre que « Bâtir le pays Martinique », qui prônait pourtant le « marronage institutionnel » et qui a accueilli le premier rassemblement public du RMC au stade Georges GRATIANT, se jette, corps et âme, dans les bras du néo-ppm à l’occasion de ces cantonales ? Rappelons simplement qu’il y a seulement quelques mois, le secrétaire national de ce parti (ndlr : David Zobda qui en effet était particulièrement virulent à l’égard des tenants de la troisièmes voie…) qualifiait le néo-ppm de « parti de droite » et ironisait sur la fameuse et fumeuse 3ème voie préconisée par l’actuel président de région. »

01  Me Gérard DORWLING CARTER LL

Pour le Palima, « L’élection de Josette Manin n’est malheureusement que la somme de ces renoncements et de ces trahisons. »

Et de faire remarquer qu’au lendemain de la désignation de Madame Josette Manin, Serge Letchimy, a déclaré, dans France-Antilles des 2 et 3 avril 2011 : « Manin est libre… ». Ce qui fait se poser la question de savoir s’il se serait autorisé « cette liberté de langage et d’attitude à l’égard de Claude Lise  ou d’Alfred SINOSA ? Il est permis d’en douter… ».  Ce d’autant plus que : «  En réalité, cette déclaration, … exprime, quant au fond, le rapport de domination que celui qui l’a énoncée entretient avec le sujet dont il parle. » En d’autres mots : « Manin est libre… sous ma haute surveillance et mon tutorat ».

Ce faisant, ajoute la lettre du Palima : « Letchimy annonce donc aux Martiniquais, publiquement, moins de 48 heures après le changement de présidence au Conseil Général, qu’il a pris possession du département et que Madame MANIN est sa captive, une présidente à son service. Il proclame sa mainmise personnelle sur les deux institutions. Il revendique SA victoire. Suprême humiliation, dans cette même interview, il dicte sans retenue sa feuille de route à « Josette » ! ».

Pour preuve nous disent les analystes du Palima, Madame Manin n’a aucun « bataillons » au Conseil Général, sinon les élus PPM, « dont elle devra obtenir l’approbation avant toute décision majeure. » PPM qui serait mieux préparé à cet exercice que « Bâtir », et qui, nous dit-on « placera sa nomenklatura aux postes clés de l’administration et au Cabinet chargé d’entourer et  de conseiller Madame MANIN… ».

Enfin s’agissant de l’aspect clé en la matière qui porte sur la « la volonté politique », La détermination de la nouvelle présidente est ramenée à celle de « Pierre SAMOT, maire du Lamentin et président de « Bâtir », auquel Josette MANIN a rendu un vibrant hommage lors de son discours d’investiture (qui) n’a jamais été porteur d’une vision pour la Martinique. » Ce dernier,  nous est-il dit en guise de conclusion funeste : «  Il se satisfera d’un poste de sénateur et se taira. »

Cette description  de la « real politik »menée par les élus martiniquais depuis la double consultation de janvier 2010 est relativement juste, mais doit-on se satisfaire d’une telle vision des choses ? Doit-on penser que les protagonistes du triste mélo-politique qui se joue sous les yeux d’une population – qui dans une grande proportion s’abstient d’y participer en méprisant les urnes et par là-même les dits élus- vont pouvoir se contenter de pousser des pions, ainsi sur l’échiquier électoral et croire que ce faisant les problèmes seront résolus, que le peuple « bête par nature » va suivre jusqu’à l’infini ? Attendu que l’horizon scruté est celui de 2012 et de l’assemblée unique. Nous le croyons pas : sans faire du marxisme de prisunic, on peut voir que les conditions socioéconomiques sont actuellement pires que celles qui avaient conduit à février 2009. Et paradoxalement, les femmes sont plus sensibles que les hommes à la détresse humaine. Madame Josette Manin qui n’a pas manqué dans sa première intervention en tant que première femme présidente d’un Conseil Général de la Martinique n’a pas manqué de rappeler ses origines modestes et sa capacité de travailleur « avec les hommes ». Ce qui peut vouloir dire qu’on ne la mènera pas non plus par le bout du nez. En ce sens, Josette Manin est « une femme libre », si elle veut se coucher devant ce qu’on appelle le néo-ppm elle le ferai par choix libre et déterminé. Rien ne l’y oblige : mais ce faisant elle ressortira de l’histoire par la petite porte qui lui a permis d’y entrer.

 

Gérard Dorwling-Carter.

Category: Tribunes

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