Martinique Ecologie, pour un « sursaut politique »

| 13 mai 2011

Le 6 mai dernier a vu le lancement officiel d’une nouvelle formation dans notre paysage politique: Martinique Ecologie. C’est en effet à l’auditorium de l’hôtel « La Batelière », devant une centaine d’auditeurs attentifs, que certains cadres du parti se sont succédé au pupitre, afin de décliner les raisons d’être et ambitions du mouvement.

Dans son intervention-hommage à Louis Boutrin (intitulée « Portrait d’un battant »), Raphaël Confiant prit soin d’indiquer ceci: « … notre leader fut d’abord un militant associatif, ensuite un militant écologiste et ce n’est qu’en troisième lieu, après des années de militantisme associatif et écologiste, qu’il s’est lancé en politique. » Des précisions que la suite de son propos n’allait pas tarder à expliquer: « Ceux donc qui aujourd’hui tentent de faire de lui un homme à la recherche d’un poste ou d’un strapontin sont, pour employer un euphémisme, des esprits mal intentionnés. Quand on cherche un poste politique […], on ne perd pas de temps à militer dans l’ombre durant des années au niveau associatif. Je n’aurai pas la cruauté de nommer ici certaines personnes… . »

Autre critique (éventuelle) « conjurée » par l’écrivain martiniquais: une dénomination très proche de celle du parti hexagonal, Europe-Ecologie. Ecoutons de nouveau l’intervenant: « … il (Louis Boutrin, ndr) n’ignore pas qu’il sera attaqué de partout sur le nom même du parti […]. Les mêmes mauvais esprits […] ne manqueront pas de nous accuser d’être une succursale d’Europe-Ecologie, ce qui est parfaitement ridicule. L’écologie est une problématique mondiale, pas une problématique étroitement nationale. […] Martinique Ecologie se fait fort, non pas par imitation d’Europe-Ecologie, mais à l’unisson de tous les écologistes du monde […] de promouvoir l’idée d’un autre mode de développement […]. Louis Boutrin sera le tout premier garant de cette indépendance d’esprit et d’action. » Précisément, ce fut alors au président du parti de prendre la parole.

Pour Louis Boutrin, les conditions de création de Martinique Ecologie étaient amplement réunies. Une « triple dérive » (« financière, économique, environnementale »), nous contraignant selon lui à un « sursaut politique » (étant également entendu pour l’orateur, que l’écologie est « par essence politique »). S’il ne manqua pas de saluer le « travail d’éveil des consciences effectué par le Modémas », Louis Boutrin fit aussi le constat qu’il « reste beaucoup à faire », et qu’une « nouvelle génération, avec une autre vision du pays, une autre sensibilité, a décidé de remplir également cette mission! ».

A en croire l’orateur, les objectifs du parti doivent d’abord s’ancrer dans l’éthique (« une espèce en voie de disparition en politique » dira t’il). Une éthique revêtant en outre une triple dimension. Ethique de la « responsabilité », avec le « respect du principe de non cumul des mandats: pas plus de deux mandats politiques par élu » (« mandats électifs mais aussi communautaires »), ainsi que le « respect du droit des générations à accéder aux postes électifs » (« pas plus d’un seul renouvellement par mandat »); éthique de la « souveraineté » ensuite (« continuer le travail d’éveil et de conscience […] pour l’accession à une plus grande souveraineté »); éthique de « l’efficacité » enfin (une « obligation de résultats » en somme).

Concernant les « pistes pour une meilleure valorisation environnementale » du pays, Martinique Ecologie propose la création d’outils spécifiques. Par exemple? Un « Observatoire du foncier agricole » (« afin d’assurer cette veille foncière que nous réclamons tous », dit Louis Boutrin); l’inscription de la Montagne Pelée au patrimoine mondial de l’Unesco, certes, mais également celle des Pitons du Carbet (« depuis le Piton Gelé, au Morne Rouge, jusqu’au Piton Dumauzé »). Et l’orateur de préciser: « Cette chaîne des Pitons s’inscrit dans un corridor écologique avec la Pelée et constitue une réserve de biodiversité tout à fait exceptionnelle. »

En conclusion de son discours, Louis Boutrin, lançant un appel à rejoindre son parti, fit partager cette autre (et bien noble) ambition: « Il s’agit de redonner du sens à la participation, en un mot redécouvrir la citoyenneté et faire de chaque Martiniquais et chaque Martiniquaise, un citoyen, avec des droits ET des devoirs. » Rien que ça.

Le leader de Martinique Ecologie sera-t-il entendu? Le temps devrait le dire.

Mike Irasque.

 

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