Film « Case Départ », une critique de Raphaël Confiant

| 29 juillet 2011

Le film « Case départ » est parti pour faire un gros succès tout comme « La Première étoile » l’an dernier.
Caractéristique commune : ils jouent sur l’humour et non la dénonciation ou la revendication au premier degré.Sur le Net, de violentes critiques ont été émises, surtout contre « Case départ », au motif qu’il traiterait de manière comique un sujet gravissime à savoir l’esclavage. En réalité, il y a une grosse méprise de la part de ces internautes : ni « Case départ » ni « La Première étoile » ne sont des films antillais.

« Ce sont des films de Noirs français ou de Français noirs »

Ce sont des films de Noirs français ou de Français noirs, ce qui change tout. Les films antillais sont fait par des réalisateurs antillais sur des sujets antillais : Euzhan Palcy, Christian Lara, Guy Deslauriers etc…Le sujet de « Case départ » est de ridiculiser d’une part le racisme dont font preuve les Français blancs à l’égard de leurs compatriotes Français noirs et d’autre part, de mettre en lumière le comportement veule de certains Français noirs.
C’est quoi les « Français noirs », diront certains ? Réponse : les 2è et 3è générations d’Antillais et d’Africains ayant émigré en France à partir des années 60 pour les premiers et 70 pour les seconds. Ces personnes constituent désormais une minorité nationale de la France exactement comme les Noirs américains ou les « Black British ». Elles sont nées en France, y ont vécu, aimé, étudié, souffert. La France est leur pays et il est tout à fait normal qu’elles se battent pour acquérir les mêmes droits que leurs compatriotes blancs. On ne peut pas leur demander d’agir et de réagir comme des Antillais. Nous ne sommes pas une minorité dans nos pays (Guadeloupe, Martinique, Guyane), mais bien une majorité et notre combat n’est pas, et ne peut pas être, celui des Français noirs. Toutes les mesures assimilationnistes du monde ne combleront jamais les 7.000kms qui nous séparent de l’Europe. C’est d’ailleurs pourquoi certains ont été obligés d’inventer le concept baroque d’ultrapériphéricité.

Excellents films, mais

En tant que films noirs français, « La Première étoile » et « Case départ » sont donc d’excellents films. Ils visent à décrisper les relations entre Blancs français et Noirs français, à les normaliser en quelque sorte. Et en matière de décrispation des relations interethniques, il n’y a pas de meilleure arme que l’humour. Par contre, si ces films avaient été faits par des cinéastes antillais, ces derniers mériteraient évidemment le peloton d’exécution. Sans discussion possible.   Mais ce n’est pas le cas !…                                                                      Raphaël Confiant

[LA critique complète est à lire dans Antilla 1466 du 28/07/2011]

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Commentaires (1)

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  1. MadiPédia dit :

    Super critique à laquelle j’adhère.
    J’ai vu le film, j’ai bien rigolé, mais je ne le considère pas comme antillais, surtout qu’il ne me semble pas avoir vu de paysage réellement Martiniquais !(ou je n’ai pas reconnu mon ile…)