« MONDIALISATION » : sommes-nous dans le camp des perdants ?…

| 29 juillet 2011

Comment peut se situer la Martinique (et, d’ailleurs, la Guadeloupe) dans le migan mondial actuel ? Que peut-on faire ? Que doit-on faire ? Où prendre nos exemples ? C’est à ces quelques questions que Tony Delsham tente de répondre, en donnant un avis qui est basé sur la fréquentation assidue et complète qu’il porte aux hommes politiques, d’ici et d’ailleurs, depuis 40 ans…La question est, pour lui; « COMMENT SORTIR, AVEC HONNEUR, D’UNE DOMINATION BETE ET MECHANTE ? ». Journaliste averti, connaisseur de ce peuple comme bien peu, auteur des romans les plus lus de nos Antilles, ce « regard », quelquefois sévère ouvrira, Antilla l’espère un débat fructueux…

Sommes-nous dans le camp des perdants ?…

L’histoire de la planète Terre s’est accélérée. Les colonisés de l’Occident présentent la facture, exigent la part des richesses de la planète qui leur est due. Paris, Londres, Bruxelles, Washington, tremblent. Et nous dans ce migan mondial ?Au moment où j’écris ces lignes, 16 juillet 2011, le sommet sur la zone euro prévu ce jour vient d’être reporté et le président OBAMA n’a pas obtenu le consensus qu’il espérait avec les Républicains, quant au relèvement du plafond de la dette américaine.

Dans le même temps, Angela Merkel, rapporte le journal « Les échos », déclarait : « Un gouvernement économique européen doit s’aligner sur les Etats membres les plus rapides et les meilleurs, pas sur les plus faibles » Avons-nous eu tort, nous Antillais, de défier la géographie en choisissant d’être des Européens au mitan de la Caraibe, choix des Martiniquais du plus grand nombre, dès après le 22 mai, jusqu’au 10 janvier 2010 date de la dernière consultation sur le sujet ?

En ce début du 21° siècle les riches et les pauvres sont face à face, les armes à la main.Les nantis veulent conserver leurs acquis, les pauvres exigent leur juste part. Ces derniers, en Russie et en Chine, ont déjà remercié Karl Marx en découvrant, à leurs dépens, que le Communisme n’est pas la solution miracle.Si l’Occident domine le restant du monde c’est, sans doute aucun, estiment-ils, grâce à sa maitrise des techniques et des ressources naturelles. Malheureusement, ou heureusement, les foudroyants progrès des technologies et de la communication  déversant rêves et extravagances les plus fous dans les cloaques à misère les plus reculés de la planète, ont suscité le désir et l’envie bien avant la satisfaction des besoins. Alors, la Chine, l’inde, l’Afrique, le Moyen Orient, sont agités d’un mimétisme frénétique cadencé par l’impatience du tout, tout de suite, des années fastes de l’Europe et des Etats-Unis.
Nous, nous avons notre Négropolitain. Né en France, parfois depuis trois générations, enfant, le souffle français de France cadença son quotidien. Il apprit l’histoire de « ses ancêtres les Gaulois », enseignée par un professeur au ton convaincu de l’œuvre civilisatrice d’un Occident pédant et fat. Puis le regard du Métropolitain natif-natal le força à s’identifier, à se définir, à se nommer. A partir de 1970, les contacts de plus en plus nombreux avec son pays d’origine lors de vacances, grâce à la baisse des tarifs aériens et l’arrivée de plus en plus importante d’étudiants, ou de travailleurs, sur le sol français, petit à petit, meublèrent son imaginaire. Il assuma donc sa différence mais en affirmant son adhésion totale, dans la forme et dans le fond, du pays qui l’avait vu naître.Ainsi, quand il avait chance de trouver un emploi en Martinique, Guadeloupe, ou Guyane, il était traité comme un… métropolitain car agissant et réagissant comme tel, avec le regard pressé et exogène.La réalité est que, dans son pays d’origine, l’histoire racontée par le professeur métropolitain est contredite par le récit des grands parent qui eux puisent les faits historiques nés de la colonisation et de l’esclavage, non pas dans la bibliothèque officielle, mais dans le souvenir familial transmis par les grandes personnes qui elles, pleuraient en racontant.

L’interpénétration des économies l’interdit.

Car, lorsque l’on est âgée de 80 ans en 1950, cela veut dire que l’on est né en 1 870. A cet âge l’histoire racontée, par son père ou par son grand-père que l’on transmet, est parole authentique d’esclave. Chez nous, il y a donc une transmission familiale de la douleur, que ne partage pas forcément le négropolitain qui estime que le passé c’est le passé. Comme chez nous aux Antilles, il n’est pas certain que le Magrepolitain, comme ceux et celles entendus à la télévision, et les autochtones, trouvent d‘emblée le ton juste. Car ce n’est pas au siècle dernier que le Natif-Natal d’Afrique, ou d’ailleurs,  a subi la tyrannie sanguinaire du Président Gbagbo, ni celle du roi du Maroc, ou de l’ex président de la Tunisie, ou encore celle du libyen Muammar Kadhafi.

Non, il  l’a subissait il y a  encore quelques matins à peine. Ses mains sont encore rougies du sang d’un frère, d’une sœur, d’un fils, tués par les forces de répression de dictateurs tous, mis en place, soutenus et chouchoutés par les puissances européennes et américaines qui, aujourd’hui, prétendent parler paix, démocraties, mains tendues et il n’est pas sûr que le Magrépolitain et le Natif Natal soient sur la même longueur d’onde. TOUS LES DOSSIERS NE SONT PAS FORCEMENT LIES…

Il y a ceux qui ont la puissance financière, voire militaire pour se faire entendre, comme l’Inde et la Chine. Puis ceux, au sol gorgé de richesses et objet de toutes les convoitises. Pour les premiers à mon sens, il n’y aura pas d’offensive guerrière entre  géants. L’interpénétration des économies l’interdit.

La chine, par exemple, a placé plus de mille milliards de dollars en bons du Trésor américain, représentant plus d’un tiers de ses  réserves de change. Pour l’heure, l’Inde est plutôt discrète, se contentant, d’achats  spectaculaires, notamment dans l’aéronautique. Quant à l’Afrique noire, déstructurée, durement frappée dans sa matière première principale l’humain, elle n’a d’autre choix que d’attendre son heure.   Le scénario le plus probable, si la crise ne s’estompe pas, est bien que les deux géants Etats-Unis et Chine, partenaires  étroitement imbriqués se donnent la main. Même au détriment de… l’Europe.

Les Etats-uniens l’ont déjà démontré : ils n’ont pas d’état d’âme quand leurs intérêts sont en jeu. L’Europe des riches, avec à sa tête l’Allemagne, claironne qu’elle pourra s’en sortir seule, ce qui est loin d’être une évidence. Pour l’Europe du Sud, c’est le brouillard le plus complet bien que la France affirme des signes positifs sur le terrain et compte, elle aussi, bénéficier de l’interpénétration des économies et encore plus de l’entrechevêtrement des technologies. L’Allemagne, en effet, aurait du mal à fabriquer seule les avions européens.

COMMENT SORTIR, AVEC HONNEUR, D’UNE DOMINATION BETE ET MECHANTE ?

C’est simple, théoriquement bien sûr. Il suffirait de changer de philosophie et d’admettre, une fois pour toute, que sur la planète terre n’existe pas d’hommes supérieurs par rapport à d’autres. Ni de peuple élu. Que Dieu, si vous êtes croyant, la Nature si vous faites plutôt confiance à la Science, l’un et l’autre, ont un projet. L’aboutissement serein de ce projet n’exige qu’une chose : le respect total de l’humain. Quelle que soit son apparence physique et la couleur de sa peau. Les capitales occidentales doivent reconnaitre le droit de propriété de tous les peuples, quant à leur sol. Ensuite, établir les relations basiques du commerce. Combien ? D’accord, j’achète. Combien ? Non, c’est moins cher à coté, j’achète à coté. Des alliances naturelles se créeraient entre voisins immédiats ou lointains, des blocs naturels basés sur le respect se constitueraient, le génie de l’homme ne serait plus employé à inventer des armes, à disposition d’hordes sanguinaires tueuses de civilisation, mais équiperaient des gendarmes gardiens de l’interpénation des civilisations. C’est-là, à mon humble avis le projet de Dieu, si vous êtes croyant, de la Nature si vous faites plutôt confiance à la science. [Tony Delsham][DAns Antilla 1466]


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