Quand Johan Héloïse tente de se faire un nom en automobilisme

| 29 octobre 2011

Alors que Luc Cordémy faisait sensation en gagnant la course de cote de Fond Saint-Denis, Johan Héloïse se ressource dans son ile natale. Le jeune pilote automobile a un calendrier chargé. Il doit s’adapter à sa nouvelle monture- une Subaru toute neuve – pour participer à des rallyes version IRC en 2012. Johan Héloïse est programmé pour enregistrer de bons résultats dans deux ans au moins s’il n’est pas épargné par la malchance ou les ennuis mécaniques.

Seul « noir » à disputer des courses automobiles version IRC, le martiniquais Johan Héloïse est fier de l’être.

Le pilote dont la marge de progression est énorme affirme ne pas souffrir de racisme, ni de discriminations.

L’homme qui ignore toute hypocrisie ambiante déclare tout de go que ses adversaires le respectent. Il s’est fait des amis dans un milieu ou il faut des moyens matériels et financiers pour perdurer. Johan Héloïse revendique ses attaches martiniquaises. Et chaque fois qu’il en a l’occasion, il vante les charmes de son ile natale. A chaque course, il a fait la promotion de la Martinique à travers sa cuisine. Des hôtesses ont distribué des cartes de l’ile, des accras et des douceurs créoles. Johan Héloïse prévoit des dégustations de produits culinaires lors des prochains rallyes européens qu’il disputera en 2012 afin de promouvoir le pays Martinique.

Le pilote automobile se veut l’ambassadeur d’une Martinique  dont le tourisme doit être développé. Il refuse les vieux clichés entendus sur l’accueil qui laisse à désirer et les conflits sociaux à répétition qui pénalisent les touristes. Johan Héloïse qui veut faire carrière dans le monde automobile espère amortir le plus vite possible ses dépenses. Il a consenti de gros efforts financiers avec l’aide de partenaires privés et publics.

Le Martiniquais qui a choisi le sport automobile pour se faire un nom n’a pas encore de bons résultats. Ses débuts ont été difficiles. Une série d’abandons et de contre-performances loin de le décourager. Ses sponsors ne l’ont pas lâché, conscients que le temps joue en sa faveur. L’ancien champion martiniquais a fait de gros progrès. Son talent est naturel.

Simon Jean-Joseph est une de ses étoiles

Et la firme Subaru a décidé de lui donner une monture toute neuve. Un bolide en construction pour les rallyes de 2012. Johan Héloïse aura les clefs d’ici quelques semaines. Il a prévu des essais sur terre et sur l’asphalte pendant au moins trois mois histoire de prendre ses marques.  Johan Héloïse sillonnera quelques contrées européennes pour s’adapter à son nouveau véhicule de compétition. Il compte beaucoup sur son copilote qui est plus expérimenté que lui. Les deux hommes s’entendent très bien. C’est un plus important pour viser haut dans une catégorie IRC ou la concurrence est rude. Johan Héloïse ne côtoie pas sur les circuits comme  son ainé Simon Jean-Joseph. Il lui arrive cependant d’échanger par téléphone avec cet amoureux comme lui du sport automobile qui joue dans une autre catégorie.

Johan Héloïse apprécie beaucoup le que fait Simon Jean-Joseph se bat aussi pour booster la destination Martinique. Bien qu’il  n’ait aucun projet en commun avec Simon Jean-Joseph, Johan Héloïse se dit prêt à étudier toute proposition de sa part pour développer la discipline en Martinique. Pourquoi pas un grand rallye  à Fort-de-France ou dans une autre ville avec des pilotes de renom venus d’Europe ? Les anciens gardent en mémoire la mythique course automobile qui avait drainé prés de 50 000 spectateurs en juillet 1978. Depuis aucune association automobile martiniquaise n’a réussi à monter une telle course avec des pilotes prestigieux.

Martinique Karting avait organisé il y a quelques années une coupe de Martinique et un grand prix de la ville de Fort-de-France sur le Boulevard Général de Gaulle qui avait mobilisé un nombreux public. Harry Tanic, le champion martiniquais, avait battu des champions de Karting venus de France et d’Europe. Il y a une forte demande pour un tel spectacle.  Johan Héloïse a renouvelle sa licence à l’Asam même s’il ne prend pas part aux courses du calendrier martiniquais à cause de ses obligations en Europe. Il n’a pas non plus  un véhicule de compétition à sa disposition.

Sa dernière monture qui lui avait permis de truster des titres en Martinique et de battre les Nicolas Nallamoutou, Jean-Philippe Montgaillard est parti en Italie. Reste une double monte avec un pilote local, Johan Héloïse voudrait bien. Reste qu’aucun concurrent martiniquais licencié à l’ASAM ou à l’ASA Tropic ne l’a sollicité. Johan Héloïse qui a suivi à sa manière la dernière course de cote remportée par Luc Cordémy à Fond Saint-Denis ne rechigne pas à disputer des compétitions locales. Il n’a pas une licence Asam pour rien.

Un bémol cependant reconnait Johan Héloïse, l’absence d’un circuit fonctionnel en Martinique qui ne permet pas de s’entrainer et de préparer les épreuves avec sérieux. Cette infrastructure devenue une artésienne par la force des choses est réclamée par tous les dirigeants et pratiquants de sports mécaniques. Il y a un projet en gestation mais les passionnés de sports mécaniques devront patienter.

Quand à Johan Héloïse, il se donne au moins deux ans pour monter sur le podium d’un rallye européen version IRC. L’année 2012 sera celle du maintien et l’année 2013 celle de la confirmation tout en espérant que la malchance et les ennuis mécaniques l’épargnent. Le martiniquais ne veut pas brûler les étapes.  Luc Edon.

Luc Edon [Voir aussi nos autres articles sur le sport, dans l’hebdo de cette semaine ]


 

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Category: Actualité, Sport

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