«LES MAISONS DES ILLUSTRES», un point de vue de Pierre Drela

| 4 novembre 2011

Ce que prétend ici M. Pierre Drela, qui publie régulièrement ses tribunes dans ANTILLA, est ceci : «Pourquoi sans cesse revenir sur un épisode douloureux de notre histoire.?» Voici en tous cas, l’essentiel de son argumentation…

LES MAISONS DES ILLUSTRES, POLEMIQUE OU DEBAT

Par Pierre DRELA

L’article du 25 octobre 2011  publié  dans le quotidien France –Antilles sur la polémique ou le débat créé par les choix du ministre de la culture relatifs aux « maisons illustres » interpelle le lecteur assidu que je suis.

Madame Marie-Line Ampigny, directrice adjointe du musée de la Pagerie, opte pour le débat car chacun à son mot à dire, pourquoi pas, je préfère utiliser le mot polémique. Si le ministre voulait un débat, il nous aurait proposé une liste en nous invitant à choisir, ce n’est pas le cas. Il a désigné les noms transmis par la seule direction régionale de l’action culturelle (DRAC), d’où la polémique qui s’en est suivie. Le contenu de l’article en est l’illustration  compte tenu de la virulence des propos prononcés par les opposants demandant  le retrait pur et simple des trois sites sélectionnés.

De quoi s’agit-il exactement !  Le ministre de la culture en créant le label « maisons illustres » a ciblé des demeures remarquables par leur histoire  et par ceux qui les ont habitées. La liste qui lui a été soumise par la DRAC lui a paru crédible puisque les trois maisons citées en Martinique remplissent les critères exigés dont le principal est d’être visitées au moins 40 jours par an. Cette initiative a  pour conséquence de promouvoir le tourisme qui surtout en Martinique a des difficultés de s’en sortir, la concurrence étant rude dans ce domaine. Elle ne me parait pas avoir d’autre connotation que celle-là. Devrons-nous bouder le Fond Saint-Jacques par exemple sous prétexte qu’il nous rappelle de mauvais souvenirs puisqu’il ne mériterait  pas l’honneur que lui dédie le ministre. Quand on parcourt notre ile on peut dire sans se tromper que Fond Saint-Jacques, l’Habitation Clément et La Pagerie sont les domaines les plus visités autant par le touriste que par le martiniquais. Les voir figurer parmi les 111 sites primés en France hexagonale et en Outre-mer est une fierté pour nous car ce sont les fleurons de notre patrimoine culturel  qui seront connus dans le monde entier compte tenu de la publicité qui entoure ce label. Les maisons proposées  par les contestataires ne remplissent pas les critères exigés et ils le savent. Il nous appartient de les préparées pour une éventuelle liste celle –la  apparemment n’est pas exhaustive.

Alors, comment interpréter la polémique engagée  par des personnalités aussi respectables et respectées.

La Martinique aurait pu ne pas figurer sur cette liste  alors que la Guadeloupe et la Guyane sont également promues. Oui mais voilà le démon de l’esclavage refait surface.

Pourquoi sans cesse revenir sur un épisode douloureux de notre histoire. En dehors des commémorations, la vie doit continuer. Là  ou le bas blesse c’est quand on s’attaque une fois de plus au domaine de la Pagerie et bien entendu à Joséphine.

Elle aurait parait-il laisser Napoléon 1er rétablir l’esclavage aux Antilles sans lever le petit  doigt comme si ce dernier l’aurait écoutée. Certains prétendent même qu’elle en serait l’instigatrice, qu’ils fournissent la preuve.  D’ailleurs ce retour à l’esclavage ne concernait pas la Martinique qui n’a pas bénéficié de l’abolition  sous la Convention , appartenant à l’époque à l’Angleterre. C’est  ce que relate les historiens et rien d’autre. Le rétablissement de l’esclavage concernait la Guadeloupe et Saint-Domingue (actuellement Haïti et République  Dominicaine).

En fait le reproche fait à Joséphine c’est qu’elle a appartenu à l’autre camp, sa maison ne saurait être une « maison illustre ».

Avec ce genre de raisonnement on n’est pas prêt de construire la Martinique de demain.

Compte tenu du silence de la classe politique qu’il y a lieu de saluer il semble que les oppositions manifestées resteront sans conséquence.

Ceci clos débat et polémique car la Martinique et les Martiniquais ont d’autres priorités en ces temps d’incertitude.

Pierre DRELA

Le 02/11/2011


 

Category: Culture/Société/Caraïbe/Kreyol

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