L’anti rapport Gallois des fondations Attac et Copernic

| 10 novembre 2012

Si nous avons tous suivis les mesures du rapport « Gallois » entérinées par le gouvernement socialiste, nous n’avons guère été informés des analyses contraires présentées par des cercles d’études très connus…Voici des extraits  de L’ « anti-rapport Gallois » d’Attac et de la fondation Copernic

« En finir avec la compétitivité ». Tel est l’objectif poursuivi par sept militants d’Attac et de la fondation Copernic, économistes pour la plupart, qui, dans une étude de 27 pages, critiquent les principaux points du rapport de Louis Gallois sur la compétitivité et dénoncent le « triple ralliement » du pacte du gouvernement « aux dogmes libéraux : à celui des salaires et des cotisations sociales comme cause de la désindustrialisation et du chômage, à celui de la nécessité de la baisse des dépenses publiques et à celui de la TVA antisociale ».

« Un tel pacte faustien, par lequel la gauche vend sa raison d’être, ne donne hélas rien en échange », assurent ensemble Thomas Coutrot, Jean-Marie Harribey, Norbert Holcblat, Michel Husson, Pierre Khalfa, Jacques Rigaudiat et Stéphanie Treillet. La tonalité générale de leurs travaux est donnée, et elle n’est guère surprenante, compte tenu de l’appartenance de la majorité de ces auteurs à la mouvance altermondialiste ou anti-libérale.

« UN MARRONNIER »

( ) Le diagnostic du rapport Gallois sur l’état de l’industrie française, sur son décrochage et sur son déficit d’innovation est partagé. En revanche, Attac et la Fondation Copernic apportent un éclairage différent sur les causes des faiblesses industrielles françaises : ils contestent l’argument patronal selon lequel le niveau historiquement bas du taux de marge des entreprises empêcherait celles-ci d’investir dans l’innovation et font observer que, dans les années 1990, ce taux de marge avait augmenté mais que l’effort en recherche et développement (R&D) était resté globalement stable.

LOGIQUE FINANCIÈRE

Constatant que la part des revenus nets distribués par les sociétés non financières en 2011 a atteint 9 % de leur valeur ajoutée, soit le point le plus haut depuis la seconde guerre mondiale, les auteurs en concluent que les entreprises ont choisi de continuer à augmenter les dividendes plutôt que d’investir dans l’innovation. Ils font aussi observer que les petites et moyennes entreprises (PME) et les entreprises de taille intermédiaire (ETI) françaises sont asservies à la logique financière des grandes groupes, contrairement à leurs homologues allemandes ou italiennes, et que les exportations françaises sont plus sensibles que les exportations allemandes au taux de change de l’euro.

L’alourdissement du « coût du travail » n’est pas la cause des pertes de parts de marché françaises. Depuis dix ans, les coûts salariaux unitaires français (salaire par unité produite) ont évolué comme la moyenne européenne, rappellent nos sept auteurs en faisant remarquer que « la mondialisation près de chez nous brouille les cartes ». Et de rappeler que l’amélioration de la compétitivité-prix de l’Allemagne ne s’explique pas seulement par le gel des salaires mais aussi par la délocalisation de segments productifs entiers vers les pays d’Europe centrale et orientale (PECO).

La contribution des grandes entreprises « nationales » aux performances de leur pays de rattachement peut se dégrader à partir du moment où elles réalisent une partie croissante de leur chiffre d’affaires à l’étranger (cf Renault et  la Roumanie), ce phénomène pouvant être amplifié par l’utilisation des prix de transfert entre sociétés membres d’un même groupe de manière à localiser le bénéfice final dans un pays à fiscalité avantageuse.

« VOIE SANS ISSUE »

Plutôt que de se focaliser sur le coût du travail, mieux vaut s’intéresser à celui du capital. « En l’espace de douze ans, la part des revenus distribués par les sociétés non financières a pratiquement doublé par rapport à leur excédent brut d’exploitation (EBE), et presque doublé par rapport à leur valeur ajoutée brute (VAB), déjouant donc la coupure avant/après la crise, au point d’absorber plus des 4/5 de leur EBE », écrivent les auteurs. « Crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité. »

On ne sera pas surpris qu’Attac et la Fondation Copernic préconisent d’abandonner la logique même de la compétitivité, cette « voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice »,  et proposent un autre modèle de développement qui rompt avec le consumérisme.[Fin de citation]

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Category: Actualité

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