Blocage du port par les marins-pêcheurs, le Directeur de la Mer (en Mq) exprime de grosses inquiétudes !

| 22 décembre 2012
Le Directeur de la Mer en Martinique a écrit à André Berton (ATV) qui nous a transmis la missive.
De fait, au vu des infos qu’ils ont laissé apparaître, les marins-pêcheurs de Mq, semblent, sur fond de compétition syndicale,  balancer entre 2 positions fort différentes.
D’une part, Marie Adémar, lors d’un itw sur ATV, à la veille des blocages, annonçait clairement son intention d’obtenir des indemnités de l’ETAT, lequel est, en fait, celui qui a autorisé, in fine, la vente de Chlordécone dans ce pays. Tandis que le blocage effectif, celui qui semble animé par un responsable syndical de la CSTM, se réalisait sur le port, comme symbole du lieu où a été importé le produit incriminé et celui par lequel sortent les bananes de Martinique… La lettre qui suit du Directeur de la Mer  laisse entendre que l’Etat pourrait être jugé
(citons-le :>>
«Pour être coupable, il faut être jugé. Admettons que l'Etat le soit»

Ce que Directeur de la Mer en Martinique a écrit à André Berton

Monsieur le rédacteur en chef,

Comme vous le savez, le secteur de la pêche traverse une période 
difficile, du fait notamment des conséquences de la contamination des 
sols par la molécule de la chlordécone, et ses incidences sur les 
espèces marines.
L'Etat a toujours recherché le dialogue, qu'ont jusqu'à présent refusé 
les adeptes de la manière forte après une semaine de tentative.
En plus des mesures qu'il a déjà prises, notamment pour aider ce 
secteur, l'Etat poursuit ses travaux pour la mise en oeuvre de solutions 
pérennes face à un problème qu'il n'a jamais nié,  et cela pour répondre 
à une inquiétude légitime de la profession.

Mais fort est de constater que l'expression de cette inquiétude, par le 
blocage du port, n'est pas, lui, légitime, en particulier en période de 
fêtes, allant ainsi à l'encontre d'une tradition fondamentale de ce 
pays, qui n'est même pas respectée. Sans parler des conséquences 
économiques désastreuses de l'expression de ce mécontentement, par 
rapport à des entreprises martiniquaises qui ne pourront pas compter sur 
cette même période , en général bénéfique pour elles.

Les meneurs de l'intersyndicale , qui exigent une aide d'urgence, n' ont 
pas encore fait savoir à quelle hauteur cette aide, appelée 
indemnisation, s'élèverait. On parle de 100000 € par marin pêcheur....

Pour indemniser, il faut être coupable. Pour être coupable, il faut être 
jugé. Admettons que l'Etat le soit, il conviendrait alors que la 
situation rencontrée par les professionnels soit évaluée . Cette 
évaluation devra se faire alors au cas par cas, dans la transparence et 
dans l'équité, avec à l'appui tout document de nature à mesurer le 
préjudice éventuel. Or, jusqu'à présent, rien de tout cela.

Enfin, dans cette affaire, et sur fond de rivalités internes au Comité 
des pêches, dont le président a été élu, faut-il le rappeler, à 60% des 
voix,  on aura aussi oublié les enjeux véritables :

- la protection de la santé publique,
- la confiance qu'il convient de restaurer entre marins pêcheurs de la 
Martinique et les martiniquais,
- la pêche de demain qui a besoin d'un plan d'accompagnement pour 
surmonter les difficultés que rencontre ce secteur actuellement.

Voici le message que je souhaite faire passer et cela, si vous le voulez 
bien, avec votre appui.

Je vous en remercie par avance

Category: Actualité, Economie/Syndicats

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