SONDAGE IFOP / ITÉLÉ EN FRANCE : Hollande en difficulté, mais…

| 5 novembre 2014

On lira avec attention ce rapport de l’IFOP quant aux enseignements pour les Présidentielles de 2017. Hollande est en mauvaise posture. Il ne faut toutefois pas oublier que le même Hollande se retrouvait en plus mauvaise posture encore deux ans et demie avant le scrutin de 2012. SOYONS DONC PRUDENTS.

Ce sondage pour i>TÉLÉ et Sud Radio apporte des enseignements précieux sur le rapport de force électoral à deux ans et demi de l’échéance présidentielle de 2017.

Ce sondage vient d’abord confirmer la situation extrêmement compliquée dans l’opinion que connaît le président de la République à mi-mandat. En effet, dans aucune des hypothèses testées par l’Ifop, François Hollande n’apparait en situation de se qualifier pour le second tour. Avec des intentions de vote se situant entre 13% et 15%, François Hollande est largement distancé dans les hypothèses testées que ce soit par Marine Le Pen ou pour l’UMP par Alain Juppé ou Nicolas Sarkozy. Seule l’hypothèse où il est opposé à François Fillon lui permet de réduire l’écart (14% contre 18% en faveur de François Fillon), mais dans cette configuration, il arriverait en 4ème position derrière François Bayrou. ( )  Comme un symbole de la très grande difficulté de sa relation avec l’opinion, le candidat socialiste ne parvient à mobiliser qu’un peu moins de la moitié (entre 45% et 50%) de ses électeurs du premier tour de 2012.

Les autres candidats socialistes ne font guère mieux…

( ) Martine Aubry recueille entre 13% et 14% d’intentions de vote, Manuel Valls obtient quant à lui 15%, soit tout de même un point de plus que le Président sortant. Plus largement, au-delà de la situation du candidat socialiste, cette enquête vient confirmer un enseignement des scrutins de 2014, à savoir la faiblesse électorale de la gauche. En effet, dans aucune des hypothèses testées, l’addition des intentions de vote en faveur des candidats de gauche n’atteint 30%. Dans ce cadre, il convient d’observer que les faibles intentions de vote en faveur des candidats socialistes testés ne profitent pas aux autres candidats de gauche. Ainsi, le socle d’intentions de vote en faveur de Jean-Luc Mélenchon ne dépasse pas 9%, tandis que Cécile Duflot se situe à un niveau proche de celui d’Eva Joly au premier tour de l’élection présidentielle de 2012.

Une « Dynamique »  Marine Le Pen ?

Cette enquête confirme la poursuite de la dynamique Marine Le Pen après le succès du Front National aux dernières élections européennes. A deux ans et demi du scrutin, la présidente du FN apparaît en position de force. En effet, dans toutes les hypothèses testées (hormis celle comprenant Alain Juppé et Martine Aubry), Marine Le Pen émerge en tête des intentions de vote avec un score oscillant entre 27% et 32%. Son avance sur le candidat socialiste testé n’est jamais inférieure à 12 points tandis qu’elle devance Nicolas Sarkozy de 3 points, Alain Juppé de 2 points et François Fillon de 13 points. Avec des intentions de vote supérieures a minima de 10 points à son score du 22 avril 2012, Marine Le Pen se positionne comme une candidate « attrape tout ». A côté de son socle électoral très fidélisé (95% à 97% de ses électeurs de 2012 voteraient à nouveau pour elle en 2017), Marine Le Pen gagne des soutiens provenant de la droite – 12% des électeurs de Nicolas Sarkozy de 2012 voteraient pour elle en cas d’affrontement avec Nicolas Sarkozy, cette part atteignant 21% en cas de candidature Juppé et 26% en cas de candidature Fillon – mais aussi de la gauche (respectivement 12% des électeurs Hollande et 10% de ceux de Jean-Luc Mélenchon). On observe un phénomène similaire du point de vue de la sociologie du vote Marine Le Pen qui conserve ses segments forts traditionnels (43% d’intentions de vote au sein des catégories populaires dans l’hypothèse Sarkozy) et confirme sa percée, entrevue lors des élections européennes, dans certaines catégories longtemps hostiles ou indifférentes au Front National : elle obtient ainsi 28% chez les femmes, 37% chez les 35-49 ans, 32% parmi les professions intermédiaires et 36% chez les salariés. ()

(extrait du sondage IFOP pour iTélé. Les intertitres sont de Antilla)

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